La rive et ses nombreuses anses connurent des usages bien différents sous le Régime britannique (1763-1867). L’anse au Foulon, premier témoin du changement de régime, fut le lieu où la destinée des Français établis ici allait changer son cours.
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Débarquement des troupes anglaises à l’anse au Foulon, le 13 septembre 1759.
© Bibliothèque et Archives Canada, C-000359
C’est là, au matin du 13 septembre 1759, que débarquèrent le major-général anglais James Wolfe et ses troupes avant de se hisser sur les plaines d’Abraham et d’y défaire l’armée menée par le lieutenant-général français Louis-Joseph, marquis de Montcalm. Après cette défaite de l’armée française, Québec sera sous la gouverne britannique.
Dès 1806, le blocus continental de Napoléon prive la Grande-Bretagne de son approvisionnement traditionnel en bois venant des pays scandinaves. Elle réquisitionne alors le bois produit dans ses colonies et le Québec de l’époque regorge de cette richesse. L’âge d’or économique des anses de Québec viendra donc par le bois et plus tard, par la construction navale.
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Trains de flottaison, vers 1870
© Bibliothèque et Archives Canada, C-150716
En effet, la métropole s’est tournée vers la colonie bas-canadienne* afin d’y puiser les ressources nécessaires au maintien de sa flotte de guerre. Une activité intense et effervescente s’y déroule. Ouvriers de toutes sortes y travaillent et y logent. Le bois, récolté notamment dans l’Outaouais (région située à 500 km de Québec), est acheminé par flottage en immenses « trains » sur les rivières, puis sur le fleuve jusqu’aux anses de Sillery. Le bois brut y est équarri et chargé sur des navires à destination de la Grande-Bretagne. L’abondance du bois entraîne l’essor de la construction navale amenant même de grandes compagnies navales à s’installer à Québec.
* À cette époque, on parle du Bas-Canada plutôt que du Québec.
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Les anses à bois à Sillery, 1891
© Bibliothèque et Archives Canada, C-006073
Pendant près d’un siècle donc, des milliers d’ouvriers, majoritairement canadiens-français et irlandais, œuvreront comme cageux, manœuvres, équarrisseurs, scieurs de long, calfats ou poseurs de bordé et vivront, comme le chante Gilles Vigneault à propos de l’un d’entre eux, Jos Montferrand, « Le cul su'l'bord du Cap Diamant, [et] les pieds dans l'eau du Saint-Laurent »
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